Communiqué de Solidaires 93, 20 octobre 2026
800 000 personnes dans les rues en France, avec un niveau de combativité sans précédent depuis la réforme des retraites de 2023 : les manifestations du samedi 17 octobre 2026 sont une nouvelle étape dans les mobilisations commencées fin septembre. Les révoltes lycéenne et étudiante contre les manquements graves du service public d’éducation ont réussi leur jonction avec les luttes contre le prix de l’essence et la vie chère portées par les gilets jaunes.
Pour éteindre l’incendie, le gouvernement n’invente rien : violences policières dans la rue et mensonges à la télé sont au menu. Plus de 2000 interpellations rien que pour la journée du 17 octobre, la Ve République atteint de nouveaux records. Le discours d’Emmanuel Macron à la télé du dimanche 18 octobre est un tissu de mensonges. Macron ment parce qu’il invective à condamner la violence, mais qu’il ne dit pas un mot sur la violence sociale institutionnelle que dénoncent les élèves et étudiant·es, celle qu’iels subissent dans leur vie et à l’école, abandonné⋅es à leurs galères et misères, et à la reproduction des inégalités scolaires. Parce qu’il omet sciemment de parler des mains arrachées et des visages éborgnés de ces derniers jours. À l’heure actuelle, d’après certains médias, deux manifestants seraient décédés pendant le week-end.
Macron ment aussi parce qu’il affirme vouloir le dialogue, alors qu’il nous envoie la police et n’a eu de cesse de mépriser les syndicats et autres collectifs militants, et toutes leurs revendications depuis dix ans. Derrière les écrans de fumée des concertations bidons, il n’y a que la violence d’un pouvoir au service du capital qui ne veut rien partager de ses richesses ; quitte à ce que cela fasse monter jusqu’à des niveaux inquiétants l’extrême-droite. Alors non, nous n’appellerons pas à ce que les feux de poubelle cessent, alors que les gouvernements successifs attisent l’incendie depuis des dizaines d’années.
Cette stratégie du passage en force et du refus du gouvernement actuel à envisager des concessions réelles n’est pas nouvelle. Mais face à la jeunesse mobilisée, elle atteint aujourd’hui certaines limites. Elle devient insupportable à une partie grandissante de la population et nourrit justement la colère, tandis qu’en face, la multiplication des « réunions de crise » et des pseudo-annonces-qui-n’annoncent-rien montrent la fébrilité du gouvernement.
À tou·tes les travailleureuses et habitant·es de Seine-Saint-Denis : l’heure est à la mobilisation ! Soutenons la jeunesse, rassemblons nos forces et poursuivons ce juste combat pour la transformation sociale jusqu’à la victoire ! Car nous n’aurons que ce que nous prendrons, sans attendre les élections présidentielles. Pour l’ensemble des services publics, contre la vie chère et pour la hausse des salaires, face à un pouvoir qui n’entend rien et se réfugie dans la violence.
Construisons une mobilisation la plus large possible pour faire plier le gouvernement, le patronat, pour le partage des richesses. Les 22 et 24 octobre sont annoncés comme dates de mobilisation par les lycéen⋅nes et étudiant⋅es, le 5 novembre sera une journée de grève interprofessionnelle. Dès maintenant organisons-nous pour construire la victoire : assemblées sur nos lieux de travail et dans nos quartiers, convergence des luttes en cours, solidarité face à la répression.
Voir aussi le communiqué de l’Union syndicale Solidaires du 17 octobre 2026
